Théogène Bizimana
FeaturedLovingly known as “Docteur Bonbon”
4 November 1949 — 23 February 2025 · aged 75
Pédiatre de Kigali, chantre de paroisse et médecin gratuit des enfants du samedi
About Théogène
Les enfants de Kigali l'appelaient « Docteur Bonbon », parce que ses poches débordaient toujours de sucreries, qu'il distribuait avec la même solennité que ses ordonnances. Théogène Bizimana est né en 1949 à Nyanza, dans le Sud du Rwanda, fils d'un catéchiste et d'une cultivatrice qui lui répétaient que l'instruction était la seule vache qu'on ne pouvait pas voler.
Il étudia la médecine à l'Université nationale du Zaïre, à Lubumbashi, puis partit à Louvain, en Belgique, se spécialiser en pédiatrie. Rentré au pays en 1983, il rejoignit le Centre hospitalier universitaire de Kigali, dont il dirigea le service de pédiatrie pendant vingt-deux ans. Après 1994, il reconstruisit ce service lit après lit, avec des médecins épuisés et des infirmières admirables, et il refusa toujours qu'on parle de ce qu'il avait perdu. « Un enfant malade n'attend pas la fin de notre chagrin », disait-il. Chaque samedi matin, pendant trente ans, il tint dans son jardin de Kiyovu une consultation gratuite pour les enfants du quartier ; la file commençait avant l'aube.
Chez lui, il aimait le thé au gingembre, les haricots à l'huile de palme de son épouse, les vieux disques de rumba congolaise qu'il chantait faux avec un enthousiasme parfait, et les parties d'échecs perdues contre ses petits-enfants. Marié à Espérance Mukandayisenga en 1978, il fut aussi chantre à la paroisse Sainte-Famille pendant quarante ans, et ne manqua jamais une messe de Noël.
Il s'est éteint paisiblement à Kigali en février 2025, à soixante-quinze ans, entouré des siens. Il laisse son épouse, trois enfants, sept petits-enfants et des milliers d'anciens petits patients devenus parents à leur tour.
“Un enfant malade n'attend pas la fin de notre chagrin.”
- Faith
- Christian
- Place of birth
- Nyanza, Province du Sud
- Resting place
- Cimetière de Rusororo, Kigali
- Passed away
- 23 February 2025, Kigali
Requiem Mass
Friday, 28 February 2025 at 11:00 UTC
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Doctorat en médecine
Université nationale du Zaïre1970 – 1977 · Lubumbashi
Boursier, premier de sa famille à faire des études supérieures.
Épousa Espérance Mukandayisenga
1978 · Nyanza
Un mariage de quarante-sept ans.
Spécialisation en pédiatrie
Université catholique de Louvain1979 – 1983 · Louvain
Rentra au Rwanda dès la fin de sa formation.
Chef du service de pédiatrie
Centre hospitalier universitaire de Kigali1983 – 2005 · Kigali
Reconstruisit le service après 1994, lit après lit.
Consultation gratuite du samedi
Jardin de Kiyovu1990 – 2020 · Kigali
Soigna gratuitement les enfants du quartier pendant trente ans.
Chantre
Paroisse Sainte-Famille1985 – 2025 · Kigali
Chanta à toutes les messes de Noël pendant quarante ans.
Médaille du mérite
Ministère de la Santé du Rwanda2006 · Kigali
Pour trente ans de dévouement à la santé des enfants.
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Family & connections
Théogène is survived by
- Espérance Mukandayisenga Bizimana· Spouse
- Dr. Claudine Uwimana Bizimana· Daughter
- Patrick Mugabo Bizimana· Son
- Yvette Ineza Bizimana· Daughter
- 7 petits-enfants· Grandchildren
Tributes & memories
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Condisciple à Louvain
Nous partagions une chambre d'étudiant à Louvain en 1980. Théogène avait un petit réchaud et préparait du thé au gingembre chaque soir, qu'il offrait à tous les couloirs. Il disait que le Rwanda l'attendait. Il avait raison, et il y est allé.
- JU
Voisine à Kiyovu
Chaque samedi, à cinq heures du matin, la file des mères commençait devant sa grille. Il sortait avec une théière, servait les mamans, puis ouvrait la consultation. Il n'a jamais rien accepté, sauf un jour une papaye. Il l'a mangée en riant.
- CB
Fille
Papa chantait faux toute la journée, parce qu'il disait que la joie ne devait pas être juste, elle devait être sincère. Dans son dernier après-midi, il a fredonné une chanson de rumba avec Maman. Je garde cette image comme un trésor.
- JN
Curé de la paroisse Sainte-Famille
Le docteur chantait faux, et personne ne l'aurait remplacé. Quand il entonnait le Gloria à Noël, toute la nef souriait. Il apportait aussi des soupes chaudes aux familles des enfants hospitalisés, sans jamais le dire. Que Dieu l'accueille avec la même douceur.
- AN
Ancien patient de Kiyovu
À six ans, j'avais une forte fièvre et ma mère m'a porté chez le docteur le samedi matin. Il m'a donné un bonbon avant de m'ausculter, en disant que le médicament passerait mieux. Je suis infirmier aujourd'hui, et j'ai toujours des bonbons dans ma poche.
- AM
Infirmière-cheffe du service de pédiatrie
Pendant vingt ans, j'ai travaillé à ses côtés. Il disait toujours « Après vous, madame » avant d'entrer dans une salle. Même aux heures les plus noires, il trouvait un sourire pour un enfant et une parole pour une mère. Nous perdons un père.